Article du journal Agefi - 23 octobre 2012

Article Agefi Presse Journal 23 octobre 2012 suisse france - Mouvement Zeitgeist Francophone
Article rédigé par Noël Labelle, rédacteur en chef d'Agefi Magazine suite à un entretien avec les coordinateurs Suisse et France.

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Voici notre réponse qui apporte quelques détails sur le contenu de l'article :



Bonjour Monsieur Labelle,

Nous vous remercions encore de l'intérêt que vous avez porté aux valeurs du Mouvement Zeitgeist au travers du concept d'un Modèle Économique Basée sur les Ressources (MEBR).

Nous avons apprécié votre article à sa juste valeur, car son ton reste relativement neutre et objectif.
En effet, vos critiques sont inhérentes à votre mission et celle de votre journal, ce qui est normal et nous retenons surtout l'aspect professionnel et respectueux dont vous avez fait part.
Nous voudrions simplement vous apporter quelques informations complémentaires.

À propos du film "Zeitgeist The Movie" :
Il est nécessaire de vous préciser que le Mouvement Zeitgeist est né uniquement avec la création du deuxième opus, c'est à dire "Zeitgeist Addendum".
Le mouvement ne s'appuie donc pas sur le premier film, qui est à ce jour encore considéré comme une œuvre personnelle de Peter Joseph, réalisée à un moment particulier de sa vie et sans désir d'engendrer un tel succès sur Internet.
De plus, les sujets abordés dans ce film, qui pourraient être catégorisés de "conspirationnistes", ne sont pas des idées supportées et véhiculées au sein du mouvement.
Il est évidemment très difficile de nous dissocier de ce film que nous pourrions appeler "une erreur de jeunesse", nous devrons donc faire avec.

Quant à l'affirmation inscrite sous le cartouche de la photo : "Peter Joseph prend du recul".
Cette phrase pouvant être interprétée de différentes manières, voici ce qu'il en est.
Peter Joseph a décidé ne plus se mettre en avant, il tient absolument à éviter que le mouvement sombre dans le culte de la personnalité.
C'est aussi une manière de transformer ses paroles en actes, c'est-à-dire d'inciter chacun de nous à se responsabiliser au maximum en se documentant, en agissant et en faisant évoluer le contenu du MEBR et surtout d'accentuer la réflexion sur les différents modes de transition possibles.
Dans cette optique, en France par exemple, nombreux sont les sympathisants du mouvement qui agissent aussi dans d'autres structures, déjà en avance sur des points précis de la transition (monnaies complémentaires, auto suffisance alimentaire, énergies alternatives, développements agro-écologiques, nouveaux systèmes d'éducation, etc.).
Des actions très concrètes de transition existent déjà avec un grand succès, comme la monnaie le "SOL Violette" à Toulouse, les groupements "Villes en transition", le mouvement "Colibris", les "Incroyable Comestible" et bien d'autres encore.

http://www.sol-violette.fr/
http://villesentransition.net/
http://www.colibris-lemouvement.org/
 http://www.incredible-edible-freland.fr/

Ensuite, sur "La caricature du capitalisme" :
Si le terme caricature signifie "grossir le trait", alors nous voudrions partager avec vous ce document.
Vous n'ignorez pas qu'au sein du mouvement nous nous faisons un point d'honneur à utiliser la "méthode scientifique".
Elle est la garantie d'une relative objectivité ; c'est elle qui nous permet, en conférence, de nous appuyer sur du concret, du solide, en utilisant et recoupant les informations d'études scientifiques publiées, sur des supports fiables.
À cette occasion, voici ce document d'une étude menée par des mathématiciens Suisses et publiée dans la revue scientifique en ligne PlosOne, citée aussi en France dans la revue "Ça m'intéresse".
Cette étude réalisée sur 43000 entreprises mondiales, analysant les flux financiers de chacune d'elles en arrive au résultat suivant :
737 sociétés dans le monde contrôlent 80% de l'économie mondiale.
Ce qui signifie que 1,71% des sociétés de cette étude (donc pas toutes les sociétés du monde, ce qui ferait diminuer ce pourcentage), contrôlent 80% de l'économie mondiale.
Si c'est cela "grossir le trait", et faire une caricature du capitalisme et de l'économie libérale, alors nous assumons parfaitement notre position.

L'étude - La liste des 737 sociétés - Les données des 50 premières sociétés sous forme de tableau public workbook

D'autre part, dans le monde de l'économie, beaucoup de professionnels s'accordent sur le fait qu'Adam Smith est le père de l'économie moderne, et dans la Richesse des Nations à propos de l’affectation des capitaux. Smith explique que :
« chaque individu s’efforce continuellement de trouver l’emploi le plus avantageux à tout le capital qu’il peut commander. Certes, c’est son propre avantage qu’il a en vue, et pas celui de la société. Mais l’examen de son propre avantage le conduit naturellement, ou plutôt nécessairement, à préférer l’emploi qui est le plus avantageux ». Si le capitaliste préfère employer son capital dans son pays plutôt qu’à l’étranger, cela tient à ce qu’il « est en ce cas, comme en bien d’autres, conduit par une main invisible pour faire avancer une fin qui ne faisait point partie de son intention ». Et Smith ajoute qu’il est préférable que l’intérêt de la société ne soit pas la fin directement cherchée, car « en poursuivant son intérêt il fait souvent avancer celui de la société plus efficacement que s’il y visait vraiment ».
Cette fameuse "main invisible" qui régulerait tout et qui inciterait l'homme à une certaine raison est bien la chose la plus mystique ou ésotérique qui soit et dégage l'homme de toute responsabilité.
Hélas, nos économistes oublient trop souvent un livre de Smith s'intitulant "La théorie des sentiments moraux", commençant ainsi :
"Aussi égoïste que l'homme puisse être supposé, il y a évidemment certains principes dans la nature qui le conduisent à s'intéresser à la fortune des autres et qui lui rendent nécessaire leur bonheur, quoiqu'il n'en retire rien d'autre que le plaisir de les voir heureux"

C'est là tout le positionnement du mouvement. Nous ne sommes pas anti-quelque chose, mais bien pour une réconciliation de "l'homme avec l'humain et son environnement". Et cela passera forcément par la remise en question de tous ces repères actuels qui exacerbent les notions d'individualisme, de profit, de compétition et bien sûr de corruption entraînant guerres, pollutions, surconsommation, exploitation à outrance des ressources naturelles, pression psychologique au travail et bien d'autres choses encore.

Nous nous tenons prêt pour ce changement avec humilité et sans prosélytisme.
 
Vous restez bien sûr libre de publier ou non ces compléments d'informations et nous restons à votre disposition pour toute autre information supplémentaire. Merci pour l'attention que vous porterez sur la lecture de ces précisions.

Veuillez agréer, Monsieur Labelle, nos salutations respectueuses.

Cordialement,

Le Mouvement Zeitgeist.

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